Une réforme d’envergure attend les bénéficiaires des aides au logement en janvier 2020. Initialement prévue pour juillet 2019, puis repoussée au 1er août, c’est, finalement, en janvier 2020 que le ministre Gérard Darmanin a annoncé la mise en place de ce chantier.

Il s’agit, pour le gouvernement, d’améliorer la gestion financière des aides au logement et de permettre une économie de 900 000 €. Mais dés l’annonce de cette réforme, plusieurs associations sont montés au créneau.

En interne, la CNAF (Caisse Nationale des Allocations Familiales) et malgré l’insistance du ministre qui souhaitait que sa réforme soit appliquée dans les plus brefs délais, n’était pas prête à faire le basculement sur le nouveau mode de calcul prévu, supposant une large refonte de leur système informatique.

Cette refonte, justement, entend suivre au plus près les aléas financiers des bénéficiaires afin de leurs allouer une allocation plus juste. Si louable est l’intention, les bailleurs sociaux ont lancé une offensive dès octobre 2017, en menaçant de stopper leurs programmes de construction. Aujourd’hui, c’est la perspective de devoir gérer en temps réel le nouveau mode de calcul qui pose problème. En effet, chaque bailleur social répercute sur le loyer le montant des aides au logement et le locataire ne paye que la différence. Jusqu’à présent, les déclarations de revenus se faisaient tous les ans. Avec cette réforme, cela ne sera plus le cas et ils demandent aux pouvoirs publics d’effectuer des simulations avant l’entrée en vigueur, et, surtout, d’informer les locataires, jusqu’ici sous ou mal informés, voir pas du tout.

De plus, cette réforme entraînerait, selon les prévisions, une baisse de l’aide pour plus d’un million d’allocataire (1000 € par an environ) et une suppression pure et simple de l’allocation pour 600 000 personnes (chiffres du Carnard Enchainé, confirmés par la CNAF).

Nul doute que janvier 2020 est attendu de pied ferme.